Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 06:30

Homélie  obsèques André CORNO, vendredi  9 juillet 2010

Eglise de SENE

 

«  Aimer, c ‘est quand toi, l’autre, tu es heureux, alors je suis heureux ; et quand toi l’autre, tu es malheureux, tu souffres, alors j’ai mal aussi. C’est aussi simple que cela la FOI ».

Abbe Pierre.

 

 

                     Nous retenons bien souvent cet Evangile que nous venons d’entendre sous le titre de « La tempête apaisée » et aujourd’hui, en choisissant cet Evangile pour les obsèques d’ André Corno, je vous propose une autre perspective...Et autre titre... Appelons-le :«   passage sur l’autre rive ... »

L’élément le plus clair de cet Evangile, c’est, bien sur, la mer, et ce qui se passe sur la mer, sur la coque du navire mais aussi entre les hommes a bord,  lorsque la tempête vient par surprise ou bien annoncée par la météo... Les marins n’en parlent pas souvent... car ceux a qui ils devraient en parler, ne sont pas avec eux...et ne prennent pas bien souvent le temps de les écouter ! Mais quand les marins en parlent, ou même quand ils gardent le silence sur ce qui s’est passe, dehors et au dedans, avec des mots bien a eux, souvent brefs et énigmatiques, ils le font pour que l’on dresse l’oreille, pour que l’on en tire profit. Ils ne voient pas toujours et ne le reconnaissent pas toujours le visage de ce Jésus qui les a embarques... car il dort, et eux sont occupes a naviguer pour faire que tout se passe sous leur maitrise...

 

                         Jésus, pourtant les a embarques –il continue d’embarquer encore aujourd’hui  -  Il  dit « Passons sur l’autre rive... » C’est la décision et la destination de Jésus qu’ils ont vu  a terre  faire attention aux malades de toutes sortes... Alors pourquoi ne pas envisager qu’il pourrait aussi faire quelque chose pour ceux qui sont malades sur la  mer... ??? Y aurait-il aussi  des malades de la confiance en mer ?

Si on ne fait pas attention a cette première parole du début de cet Evangile, on ne comprend pas la fin, ou bien on ne retient que leur étonnement : qui donc est-il pour que même la mer et le vent lui obéissent ? Et c’est déjà beaucoup !

 Si on oublie cette première parole fondatrice, alors on reste SEUL et on ne comprend rien à ce qui arrive, même aux tempêtes ou bien au calme plat !  Mais ils  obéissent malgré tout pour se laisser embarquer et, sans cela,  rien de toutes ces questions et émois  ne se serait produit, sinon une tempete comme une autre, mais pas une tempete digne de devenir Evangile, Bonne Nouvelle pour l’Eglise depuis des millénaires...

 

           Alors regardons d’abord ces disciples comment ils vivent avec cette parole de passage, d’embarquement, pécheurs du lac comme Dédé ;  marin-pêcheur lui même sur le golfe, mais aussi capable de rejoindre dans la commune bien  d’autres groupes et associations...Il est adroit aux boules, a la chasse, et a la pèche bien sur même après sa retraite... On lui fait confiance et ceux qui l’approchent veulent apprendre de lui et admirent ses talents... Et chacun sait dans ce village Sinagot combien le marin part en mer en faisant confiance à ceux qui restent à la maison. C’est un apprentissage sérieux et quotidien, un exercice salutaire qui concerne la famille !...Et c’est sur cette confiance qu’un couple de marin s’engage...pour traverser tous les temps, tempêtes comme calme plat, crise ou routine...

 

 

                       On embarque sur un navire comme on embarque dans la foi, car on  n’embarque pas seul... Cela, Jésus le sait, et je suis persuade que les marins pécheurs dans cette assemblée le reconnaitront ! Je l’ai aussi rencontre aux Philippines quand ces marins Philippins disent : Si je suis ici, c’est pour EUX !

                     On embarque sur un navire comme on embarque dans la confiance,  et on grandit dans la confiance faite à quelqu’un... Chacun peut aussi tirer profit de la confiance faite à quelqu’un... Ca fait grandir et ca élargit le cœur...même dans l’épreuve du départ... Et aujourd’hui c’est l’épreuve du départ sur une rive que nous n’avons pas encore atteinte à nous qui sommes encore en vie, mais dans la traversée, dans le passage sur l’autre rive.

 Alors je crois bien que Jésus, pour nous Chrétiens rassembles et venus de bien des villes et villages,  Jésus, dans cet Evangile vient nous alerter sur la météo... Celle du dehors bien sur, car la mer, c’est DEHORS et les marins savent bien la respecter !   Mais il y a une METEO de la CONFIANCE, une météo du DEDANS, qui, elle aussi, est soumise aux changements surtout en temps d’épreuve et de séparation !  Nous sommes appelés tous les jours qui nous sont donnes à vérifier la météo intérieure, la météo de la confiance, la météo de nos cœurs si souvent en tempête, a la surface de nous-mêmes...

Que notre FOI et Confiance grandissent dans les épreuves traversées... Celui qui nous dit de passer sur l’autre rive est aussi Celui qui est passe par l’épreuve, l’épreuve du manque de confiance, l’épreuve de l’abandon et de la mort... Alors que faire ???

Mais surtout QUI est-il celui a qui les cœurs obéissent, celui a qui le vent et la mer obéissent ? C’est bien la une vraie question...

 

Par Roland Doriol
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